Chambéry a besoin d’un projet positif et fédérateur.

Je dois l’essentiel de mon parcours à Chambéry. J’y ai beaucoup appris et continue d’apprendre au contact de celles et ceux qui font vivre cette ville. Mon engagement pour Chambéry n’a jamais faibli. Sa singularité est naturellement liée à sa géographie, à son positionnement exceptionnel entre lac et montagnes, proche de deux frontières et donc à son histoire. Mais elle a aussi un caractère propre, une culture transalpine si particulière, multiculturelle et ouverte, qui forgent sa force, sa tranquillité, son dynamisme.

Au côté des nombreux-ses Chambérien-ne-s que je rencontre, je forme le constat que notre ville regorge d’envies et d’idées qui veulent s’exprimer. Mais j’entends aussi des déceptions et des incompréhensions face à des choix qui ont fait naître de fortes inquiétudes et incertitudes sur l’avenir de la ville. Autant de raisons qui pourraient bien alimenter un vote de dépit en mars prochain. Mais nous devons et pouvons lutter tous ensemble contre cette morosité. Chambéry a besoin d’un projet positif et fédérateur.

Je lance un appel à toutes celles et tous ceux qui veulent un changement d’équipe municipale : vos contributions sont nécessaires et bienvenues. C’est un travail collectif qui dépasse les questions de personnes et d’étiquettes. J’observe d’ailleurs que plusieurs initiatives politiques et citoyennes se sont déjà manifestées. C’est une très bonne nouvelle démocratique. Cela veut dire qu’il y a une envie de changement et un appétit pour y participer.

La limite de cette émulation démocratique, c’est que chacun veut jouer sa propre partition. Or, des partitions écrites indépendamment les unes des autres engendrent rarement une grande œuvre. A mon sens, quand on aime son territoire et que l’on souhaite un grand dessein pour lui, il faut accepter de dépasser les étiquettes et les ambitions personnelles.

L’équipe sortante a disposé de tous les leviers pour mettre en place les politiques pour lesquelles elle a été élue en 2014. Pour ma part, je ne suis pas en quête d’une revanche. La question que les Chambériennes et les Chambériens devront se poser est : cette majorité a-t-elle saisi sa chance ?

Observateur attentif de notre ville, j’ai le sentiment qu’il faut d’abord changer de méthode. Le premier rôle du maire et de son équipe est la proximité et l’écoute des citoyens. C’est un préalable indispensable à la réussite de toute politique. La concertation et la considération doivent présider aux relations avec les citoyens et avec les agents de la collectivité.

Et les priorités ? Elles nous sont dictées par ce que les Chambérien-ne-s vivent au quotidien. Je pense évidemment aux conditions de déplacement dans l’agglomération mais aussi au dynamisme commercial de notre centre-ville. Je dis aussi que personne ne doit être délaissé ou oublié. Les habitants des différents quartiers ont tous droit aux mêmes services publics et à la même qualité de vie. Cela exige une volonté politique, en lien avec tous les acteurs de la ville. C’est pourquoi le soutien qui est apporté notamment aux associations et à leurs bénévoles doit être réinventé, dans tous les domaines : culture, sport, solidarités, environnement, etc.

L’élection municipale doit être l’occasion de dire quelle est notre ambition pour Chambéry et son agglomération. Je pense aux mandats de Francis Ampe et de Louis Besson : leurs réalisations ont marqué la ville et font encore ce qu’elle est aujourd’hui. Alors président de Chambéry métropole, j’ai fait voter le tout premier plan de déplacement urbain de l’agglomération – prorogé par mes successeurs jusqu’en 2014 – et lancé le projet du Phare, qui désormais accueille des manifestations culturelles et sportives et économiques d’envergure. J’ai également initié l’élargissement de l’intercommunalité aux communes du plateau de la Leysse, de même que le projet d’agglomération de Chambéry métropole qui s’accompagnait alors de son agenda 21 (programme d’action pour le développement durable).

Je veux que Chambéry soit au rendez-vous avec son avenir. Si nous voulons être à la hauteur des générations qui nous suivent, en particulier sur la transition écologique, nous devrons agir à la bonne échelle avec les agglomérations voisines : Aix-les-Bains au nord, Montmélian au sud. D’abord sur le réseau de transport en commun : personne ne comprend qu’il y ait une rupture dès lors que vous sortez du périmètre de l’un ou de l’autre. Je pense aussi au développement économique, à la lutte contre toutes les pollutions et à la préservation des espaces de respiration que nous avons, entre le Granier, la Croix du Nivolet et le lac du Bourget. C’est certainement sur cette dimension que nous devons poser la question de la solidarité avec les communes voisines, au premier rang desquelles celles du Grand Chambéry, avec un respect indispensable. La voix de la ville centre doit être entendue, pas imposée : cette considération reste aujourd’hui à créer.

Beaucoup connaissent mon parcours. Je viens de la social-démocratie, je suis un homme de gauche fidèle à ses valeurs. Aujourd’hui je ne suis plus membre d’une formation politique. La fonction de maire est d’abord un rapport direct avec la communauté des citoyens qui vous élisent sur un territoire : on ne peut pas réduire une élection municipale à une compétition de partis. C’était vrai dans le passé, plus maintenant. Cette volonté, je la ressens sur le terrain. J’en veux pour preuve les interpellations de personnes, dans la rue, dont je sais que le choix politique national n’est pas le mien et qui pour autant me disent : « travaillons ensemble ».

J’appelle de mes vœux cette mise en commun d’énergies et de volontés. Le projet auquel notre travail collectif aboutira est susceptible d’entraîner un rassemblement très large, peut-être inédit sur Chambéry. Mais la constitution d’une liste n’est pas encore d’actualité. Poursuivons un temps de dialogue et de débats fertiles entre ceux qui se retrouvent sur les valeurs. Les positionnements individuels doivent en être l’aboutissement, pas le point de départ. Nous avons un trimestre devant nous pour mettre en lien les initiatives et les propositions qui s’expriment depuis plusieurs mois. Nous verrons alors celles et ceux qui souhaitent, au-delà de l’élaboration d’un programme, accepter la responsabilité de le porter.

J’attire justement leur attention sur la charge que représente un mandat électif. Le collectif qui se présentera devant les électeurs devra nécessairement allier expérience et renouvellement, avec une diversité de profils représentatifs de notre ville. C’est ainsi que se constituera une équipe solide prête à travailler pour l’avenir du territoire et permettant ainsi au maire de déléguer en s’appuyant sur des compétences fortes et diverses. Le moment venu, la signature d’une charte pourrait traduire le sérieux de l’engagement des candidats. C’est aussi une question de conscience et de comportement, pour que le débat politique retrouve ses lettres de noblesses.

Je forme le vœu que ce débat, à Chambéry, ne soit pas confisqué par des investitures partisanes. Pour ma part, je n’en souhaite aucune. Les partis ont leur rôle à jouer, mais il faut laisser la place à celles et ceux qui veulent s’engager sans forcément faire partie d’une organisation politique. C’est le sens d’une démarche citoyenne, qui sera toute aussi exigeante sur les valeurs et les propositions partagées.

Sur la base du travail collectif que nous mènerons, les formations qui donnent traditionnellement des soutiens pourraient dire : « la tête de liste ne vient pas de notre famille, mais nous pouvons nous reconnaître dans ce qui est proposé ». Ce serait une belle avancée. Il ne doit pas y avoir de barrière si des personnes, quelle que soit leur organisation d’origine, se reconnaissent dans un projet collectif qu’elles souhaitent activement mettre en œuvre. Il n’y aura évidemment de place ni pour les extrêmes, ni pour ceux qui préfèrent la contestation aux responsabilités ou encore ceux dont l’ambition personnelle est le seul moteur.

Pour notre part, notre moteur sera le projet. Ce projet que nous proposerons aux Chambérien-ne-s et qui sera à la fois notre trait d’union et notre feuille de route. Ecrivons-le ensemble.

 

Thierry Repentin

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